Extrait des : Carnets de bord du ROI-SOLEIL
voilier/école

Le Roi-Soleil

Les débuts de l'école de voile Louis Charbonneau

Que diable allait-il faire dans cette galère ?

Histoire de l’Embardée, son premier voyage au lac Champlain.
C’était les débuts de l'école de voile !

Petits voiliers petits problèmes

Ce petit voilier de 22 pieds a servi à former de nombreux plaisanciers
Il nous a conduits au lac Champlain au moins  deux fois par voie d’eau
Il nous a permis d’accéder au lac Ontario via la rivière des Outaouais, le canal Rideau …
Facilement remorquable avec une bonne voiture
Style camping, mais le plaisir de la voile ...


Été 1975… Je me devais d’aller passer du temps au lac Champlain à bord de mon voilier de l’époque «L’Embardée». Je voulais aller rejoindre mon père et ma mère au lac Champlain ; ils passaient une partie de l’été à y naviguer à bord de leur voilier.

Le Capitaine Nemo canal de Chambly

De 1944 à 1975, le Capitaine Nemo quittait le lac Saint-Louis, passait une partie de l'été au lac Champlain
Photo pris à l’écluse de Saint-Jean sur le canal Chambly

Je pouvais me permettre un séjour de quinze jours sans trop sacrifier mes activités de formateur de plaisanciers de voile. Je pris donc la décision d’aller les rejoindre à bord de mon voilier que je qualifiais de bateau/école, mais…
Ma petite école de voile de l’époque avait comme plan d’eau le lac Saint-Louis. Les cours se donnaient à partir de ma résidence à Léry. Le petit club de voile de Woodland (Léry) me servait de quai de départ. Mis à l’eau tôt en saison,l’eau tôt en saison, mouillé à un tangon, ce bateau bravait vents et tempêtes, étant abrité uniquement pour les vents du sud-est au nord-est …

Bon dériveur petit abri

Je montrait les rudiments sur un Siroco 16 pieds, 4.70 et Lightning
Dérives à bascule, rapides et stables
C’était les débuts de l’école de voile

4.7 Mystral Matelôtage  Lightning

J’étais passé des dériveurs à ce que j’appelais alors un quillard habitable. Hum ! 22 pieds, une quille rétractable à bascule, des espaces pour y dormir ou y passer un après-midi agréable avec ma conjointe de l’époque, un petit espace pour cuisiner, rapidement changé en couchette, une toilette portative… Il faut dire qu’il y a de cela bien longtemps et que les exigences de grandeur et de confort ne sont plus les mêmes. L’embardée faisait l’affaire, les clients apprenaient à manier un voilier qui se comportait comme un gros voilier… La quille rétractable était et restera toujours un excellant choix sur le lac Saint-Louis : beaucoup de cailloux, des hauts-fonds. On touche, on relève la quille et on revient par où on est arrivé …
Les apprentis s’inscrivaient pour une série de cinq cours de deux heures. Ils prenaient des rendez-vous, me téléphonaient avant de venir : je confirmais ou si les conditions pouvaient occasionner des risques, on reportait la leçon … En fait c’était la réplique de que j’avais fait  depuis  six à sept ans sur un Lightning, des Sirrocco ou des 4.7.  Ce bateau me permettait de faire de petites escapades avec ma douce.
Mais le lac Champlain, c’était un tout un autre défi ! J’y tenais, je voulais rejoindre mes parents qui y naviguaient à bord du «Capitaine Nemo», une goélette à voiles auriques.

capitaine Nemo

Le Capitaine Nemo, goélette de quarante pieds, voilier de ma jeunesse

Y passer du temps avec eux… Deux façons de s’y rendre : la première, descendre le Saint-Laurent, le lac Saint-Louis, le canal de la Rive Sud se rendre à Sorel, remonter le Richelieu, le canal de Chambly… Petit bateau, 3 bambins … Cinq jours pour s‘y rendre, autant pour …
La deuxième option se prêtait beaucoup mieux au projet : porter l’Embardée au lac par voie de terre. Une remorque empruntée à un ami, je lui avais vendu un bateau identique : un North Star 22. Ma puissante Renault 12 réussirait sûrement la manœuvre. Les arrangements, le bateau sorti de l’eau, à poste à la maison, l’équipement chargé, de la bouffe, nos vêtements et ceux des mousses, quatre, six et neuf ans, quelques jeux de société, trousse de premiers soins, de la lecture, l’annexe à l’envers au-dessus du cockpit, le mât et la bôme bien amarrés sur la cabine … Le bateau n’avait toujours que 22 pieds. Nous préparions notre départ.
Quand nous quittions la maison, mes beaux-parents venaient y passer du temps. Ça faisait notre affaire et ils appréciaient de venir une quinzaine dans ce milieu champêtre de notre résidence. Ils n’avaient pas d’auto, je leur laissais la nôtre : ça leur faisait de belles petites vacances. Mais cette fois, la voiture nous était des plus utiles. Le beau-père devait donc venir avec nous, et pour cause … Françoise, les trois enfants, moi, le beau père … Ça faisait six à bord !
Modification de dernière minute : Paul, c’était son prénom, refusait d’aller de l’avant si Gertrude ne venait pas avec nous ! Question de retour, ne pas revenir seul. Je cherchai … Pas moyen d’avoir une voiture plus logeable. Ma conjointe voulait qu’on annule. Pas question : je tenais mordicus à cette virée.
Le départ le lendemain. Rien d’autre que les passagers dans l’auto, tout le reste dans le bateau, y compris le pique-nique. 
Une R12 … Elle tirait un bateau, sept passagers à bord. Ce fut un départ ! Pas question de prendre les grands-routes : les policiers …
Une ribambelle de la sorte dans un décor champêtre, les foins étant à maturité, un soleil radieux, les fermiers  aux champs, les dames au jardinage, l’air du cultivateur apercevant  un bateau qui se déplaçait tout seul dans la nature, l’auto étant cachée par la hauteur de ses cultures ... que de souvenirs bien gravés dans ma mémoire.

Dériveur lesté

L'embardée NS 22, façon de pratiquer la voile à moindre coût
Dériveur lesté, remorquable, pas de frais de marina, hivernage à faible coût


Nous sommes enfin arrivés  au sud de Plattsburg, face à l’Île Valcour, le petit parc, la mise à l’eau, remâter, les beaux parents repartis avec la remorque…
Nous avions choisi de passer la première semaine seuls avec nos enfants à bord sur notre super quillard … L’espace cuisine, chaque soir,  démantelé et changé en couchette double pour la nuit, il fallait s’organiser ; une toile au-dessus du cockpit retenue par la bôme en cas de pluie, le youyou tiré à l’arrière nous permettant de laisser les enfants aux plages et également utile comme isoloir pour se reposer d’eux quand ils étaient tannants, des arrêts pour les courses et la glace, la vidange de la toilette portative …    La deuxième semaine en flottille avec le «Capitaine Nemo» fut nettement plus facile. Que de beaux souvenirs avec les grands parents. Le plus vieux avait passé beaucoup de temps avec eux, mon père lui montrant quelques trente ans plus tard les manœuvres qu’il m’avait expliquées naguère.

Mes souvenirs les plus lointains

Je suis déjà à la barre au lac Champlain. Année ?

Mes débuts à la voile

... et au bar

De génération en génération

Une jeunesse de voile


Bordé sur bordé, nous naviguions, je le voyais à sa barre en pleine maîtrise  de son bateau, son équipière, ma mère, aux manœuvres, mon plus vieux, neuf ans, bordant les voiles. Je savais pourquoi j’avais tant voulu me rendre au lac : un rêve réalisé, les trois générations, les deux pieds sur le pont.
Les derniers moments. Le vent du sud était à la tempête, nous nous étions abrités à Stave Island, à l’entrée de Mallett’s Bay. Deux jours, les bons repas de la cuisinière du «Capitaine Nemo», mon père, à bricoler dans son  moteur, les jeux de cartes le soir… Mon enfance retrouvée. Cette baie de Stave où tant de souvenirs  me revenaient : mon frère plongeant de ce que nous appelions les hautes falaises, toute la famille, figurant dans tous les films 16mm que mon père montait…
Vint le moment de tirer notre révérence,  le beau père venait nous chercher à Burlington. Mais… C’était toujours le gros temps. Derrière les salutations de mon père, je soupçonnais son inquiétude : «Il est bien petit ton bateau !» Une heure de navigation au près serré … Trop de vent ! Des vagues imposantes ! Au retour, nous passions à la baie. Je criai que j’allais naviguer le bateau jusqu’à une petite marina à Mallet’s, que je me rendrais à Burlington autrement, rejoindrais le beau père et …
Ce qui fut fait. Je décidai de rejoindre Paul «sur le pouce». J’amenai mes deux gars avec moi ce qui allait m’assurer d’avoir un lift.  Il était arrivé à peine quelques minutes avant nous.  Le retour, le «Capitaine Nemo» avait rejoint Françoise. La R12 harnaché à la remorque, une autre voiture assurait une plus grand puissance avec un câble attachée à la petite française, et houp…  Un bon samaritain !
La bise à tout le monde … C’était la dernière fois que je voyais mon père vivant.
J'ai compris pourquoi il fallait que j’aille au lac Champlain …
La R12, elle aussi, rendit l’âme quelques mois plus tard …

Léry Plattsburg ± 100 km en ligne droite via route et remorque
Via les eaux, lac Saint-Louis direction Sorel, le Richelieu direction Plattsburg  environ  
270 kms …

L'embardée NS 22, façon de pratiquer la voile à moindre coût
Dériveur lesté, remorquable, pas de frais de marina, hivernage à faible coût.

Bientôt : Les aventures du «Capitaine Nemo». Jadis, naguère, il y a très longtemps ; la voile d'une autre époque ...

Louis Charbonneau
Le Roi-Soleil
La vile les deux pieds sur le pont

 


Soirée bien arrosée
La_semaine_débute_bien
Coup de chien
La baie Madonaugh, le train
La flotille
Le décès de ma mère
L'eau est trop basse pour naviguer
:
Le dernier voyage du Capitaine Némo
Le décès de mon père. Endimanchés, l'air triste, nous marchons sur le quai du Royal St-Lawrence Y.C. vers les 3 bateaux: le Capitaine Némo, La Déferlante et le Beaver; ils sont prêts pour un petit voyage bien spécial...
Enfin à bord de mon voilier

Bientôt : Les aventures du «Capitaine Nemo». Jadis, naguère, il y a très longtemps ; la voile d'une autre époque ...

 

Hors saison ...
Des histoires de capitaine
pour agrémenter les soirées d'hiver

En attendant le printemps

 

LES CARNETS DE BORD DU ROI-SOLEIL voir lien

 © École de voile Louis Charbonneau | -- |Inscription | -- | la Voile, la revue électronique |