Les productions du Roi-Soleil
École de voile Louis Charbonneau

Évasion au Honduras.

Remarques générales sur notre voyage au Honduras. Objectifs, tourner deux films sur le Honduras :

Le premier " Un clin d'oeil d'Alégria 2 ", la visite des îles de la Bahia à partir du voilier Alégria . L'histoire de Marianne et de Gaétan, une parenthèse dans leur périple à travers le monde. La découverte du peuple des île, les Garifuna, ...Voir. Ce film et une conférence est également disponible en anglais.

Le deuxième
"Évasion au Honduras" ... plus bas :

Contraste entre les deux régions. La région des îles est beaucoup plus développée sur le plan touristique de loisirs : la plongée sous-marine, vacances à la plage attirent le tourisme européen et des États-Unis (USA). L'influence des anglais demeure : une colonie anglaise est restée sur les lieux après le rupture officielle de la dominance de l'Angleterre. On retrouve la présence des descendants de ces colons : l'anglais parlé a connu de nombreuses variations. Les collectivités, amérindiens, garifuna, anglais et autres semblent bien s'accommoder.

Évasion au Honduras, le film.
Le continent

Les productions du Roi-Soleil
Caméra, réalisation, idée de, … Louis Charbonneau
Montage Sylvain Primeau de primeaumédia.com

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Et disponible par chèque ou AccèsD

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Prix pour l'Europe


1- Nicole et moi sommes arrivés aux Honduras par la mer du côté atlantique. Nous arrivions de 15 jours de tournage à bord d'un voilier sur la mer des Caraïbes, dans les îles de la Bahia. C'est à la Ceiba que nous sommes débarqué de l'Alégria 2. Nous savions que nous avions les images nécessaires pour ouvrir une parenthèse passionnante sur la vie enivrante de Marianne et Gaétan sur leur périple au long cours. Ma décision était prise, il n'était plus question de tourner d'autres images.
2- La Ceiba est une petite ville portuaire située au nord du pays. Nous étions au printemps, il faisait très chaud, c'était la semaine sainte, dans ces pays latins, il est très difficile de se trouver un endroit pour loger. La course de place en place, deux nuits dans un hôtel minable. Et puis plus aucune disponibilité … Et nous ne parlons même pas espagnol.
3- Au hasard d'un coin de rue, ce fut la rencontre avec Francesco … Il nous avait bien vu avec toutes nos valises : l'essentiel ? oui, mais il y a toujours les caméras, ce matériel … Sa carte d'affaire, … il a une petite entreprise touristique, des moments d'hésitation, … Nous allions le rejoindre là où il a pignon sur rue. Une proposition intéressante pour cette semaine sainte, … Du temps en montagne chez le paysan dans la Région avoisinante de la Ceiba.
4- Las Mangas est à quelques kilomètres de la Ceiba. Joli petit village le long de la rivière Congrejal près du parc Pico Bonito.
5- Je m'étais bien juré de laisser mes caméras de côté … mais ce fut le coup de foudre, les montagnes, de gentilles petites demoiselles m'ont donné un regain de vigueur et me voilà, encore une fois, prêt à partir à la chasse aux images. Difficile de résister devant de telles candeurs additionnées à un paysage si idyllique. Je ferais donc quelques images avec mes belles cocottes, je m'amuserais comme j'aurais voulu le faire quand j'étais enfant, nous jouerions à faire un petit film.
6- Elles nous ont rapidement adoptés et nous ont présenté, mère, cousins, cousines, … Et nous ont montré tout ce qu'elles croyaient pouvoir nous intéresser.
7- Petite hacienda typique, peut-être pas, en fait, plutôt petit domaine à la campagne pour une famille de la Ceiba. Une maison pour eux, c'est celle que nous habitions, il n'y venaient que passer des journées. Une autre maison, celle-là beaucoup plus simple, était celle de leurs engagés. C'étaient eux qui étaient pour s'occuper de nous.
8- La communication s'est établie le plus simplement du monde et évidemment sous forme de signe, de son et surtout grâce à la bonne volonté de tous. Présentation, visite des alentours, du plaisir dans sa plus simple expression … et surtout, un toit et du temps pour se reposer de notre aventure en mer.
9- Les Honduriens s'amusent durant la semaine sainte. C'est une semaine de relâche, les enfants n'ont pas d'école, des familles viennent de la Ceiba. De la parenté avec qui ? Notre manque de connaissance de l'espagnol ne nous a pas permis de tout comprendre ce qui se passait. Les gens venaient etrepartaient, certains nous offraient une bière, essayaient d'avoir des conversations, … En tous cas, tout le monde avait l'air de s'amuser. Notre nouvelle résidence et ses environs était un endroit où les citadins venaient se ressourcer, se rafraîchir. Hommes, femmes, enfants, vieux, jeunes, …

La semaine saint, ... très occupée !


10- La journée terminée, les propriétaires retournaient à la ville, les engagés reprenaient leur ouvrage.
11- Magdaleno, Maria et Hulman, leur plus jeune, étaient nos hôtes. Magdaleno entretenait le jardin, faisait de petits travaux, Maria faisait la cuisine, s'occupait des tâches ménagères. Une cuisine typique, poulet, bananes plantains, haricots, tortillas, … Mais surtout le sourire, la gentillesse et une grande complicité.


12- Magdaleno était un de nos guides attitrés, en fait l'homme à tout faire et de tous talents : très fier de jouer de la guitare et de chanter. Son prix à payer pour se produire, était de faire partie d'une religion : ces redresseurs d'âmes fournissait l'instrument, … Une religion dont nous n'avons vraiment pas compris la portée sinon celle de se rencontrer, de parler fort, de recueillir de l'argent, et de jouer de la musique, … C'était le prix à payer pour entendre notre ami. Il ne pouvait pas apporter la guitare à la maison.

 

Maria Holman et Magdaleno fascinés par les images


13- La magie de l'écran de la camera. Quelle surprise de se voir et de s'entendre et quel plaisir pour nous ! Ils l'ont regardé et regardé, … Comme je voudrais être avec eux quand ils verront le produit fini.
14- Holman, Maria et Magdaleno sont des êtres très attachants.
15- Des excursions en montagne dans le parc de Pico Bonito. Cette réserve faunique est très

recherchée surtout en période de vacances. Forêt tropicale, torrents, chutes. Chaque pas nous apportaient des paysages sublimes , … Un émerveillement soutenu.
16- Toute expérience nous laisse toujours songeurs … Il doit toujours y avoir une fin … C'était la fin des vacances de Pâques pour eux. Holman retournait à l'école et nous, … nous reprenions notre chemin … Je me demande toujours si je ne fais pas ces films dans le seul but de rendre éternels les événements …

La photo souvenir


17- Francesco nous a fait une proposition difficile à refuser. Il nous conduirait à travers le pays, nous montrerait ce qu'il y a voir,… Sa femme nous accompagnerait, il nous reconduirait à l'aéroport de Tegucigalpa. De belles surprises nous attendaient. Visite de petits hameaux … Regarder vivre les gens, simplement. Essayer de comprendre, …
18- Une petite balade en Cayoco particulièrement stressante : un cayoco n'a pas de quille, l'équilibre est plutôt précaire … La peur de chavirer … Il y a l'équipement de tournage, … Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie ! Y avait-il de alligators ? Des piranhas ( Capitaine ! ) ? Je ne l'ai jamais su, de toutes manières je ne comprenais rien de ce qu'il se disait sinon que le guide essayait de me montrer qu'il y avait des singes dans les arbres … Je n'osais même pas me retourner de peur de faire chavirer cette frêle embarcation.

 

Chez les Garifuna


19- Francesco nous attendait pour nous conduire à Tela.
20- Téla. Me lever suffisamment tôt, c'était encore la nuit, la pleine lune, des oiseaux morbides occupaient la place centrale de la ville. Ils laisseraient éventuellement leur place ce serait l'éveil de Téla. Cette ville fut jadis port bananier prospère du temps de la United Fruit. Le tourisme semble prendre une certaine place. À Téla même, les anciennes résidences des anciens patrons de ces multinationnales ont été transformées en complexes hôteliers. Complètement entouré de fils barbelés. Il m'a été impossible d'aller y filmer … J'ai par contre pu me rendre compte que c'était de beaux hôtels et qu'ils étaient à peu près vide. Et dire ... que nous étions dans un hôtel de troisième ordre.
21- Le Honduras a une population équivalente à celle du Québec, soit, guerre plus de 7 millions d'habitants. C'est loin d'être un pays riche : On calcule qu'en moyenne, chaque habitant vit avec 1200$ US par année. " 21% de la population a moins de 1$ par jour pour subsister. Peu de moyens, mais ils nous semblent heureux, ils ont le sens de la famille très développé.. Le taux de natalité est passablement élevé. La fréquentation scolaire est importante: au primaire, 90% des gens ont terminé leurs études, au secondaire, 60 % … L'espérance de vie est passée de 52 ans en 1970 à 68 ans en 2005. La mortalité infantile a nettement baissée entre 1990 et 2005 ( 44 à 31 ).
22- La population s'est passablement urbanisée depuis les 20 dernières années. La population est moins fortunée dans les campagnes. Les gens sont éparpillés sur de petits lopins de terre souvent stériles, ils vont essayer de subvenir à leur besoin en les exploitant du mieux qu'ils peuvent. Ils vont travailler dans les mines, comme ouvriers agricoles dans les exploitations de la banane chez les deux géants américains, la United Fruit et la Standard Fruit. Sans oublier les emplois voués au trafic des narcotiques. Et, comme dans les autres pays de l'Amérique Latine, il y a un grand écart entre les pauvres et les riches. Plusieurs publications nous ont mis en garde face aux vol et à la violence. En ce qui nous concerne, nous n'avons eu aucun problème, ni dans les îles, ni sur le continent. À Téla, j'ai filmé au lever du jour sur la place publique et je n'ai ressenti aucun malaise, aucune agression sinon celle des multiples oiseaux que vous pourrez voir et entendre sur notre documentaire. La grande majorité des honduriens est catholique romaine, du moins officiellement : peu d'entre eux sont pratiquants. Par contre, ces dernières années, de nouvelles religions ont fait de nombreux adeptes. Elles ont été importées par les États-Uniens et occupent de plus en plus de place dans le décor, elles s'implantent en répondant à leur besoin de regroupement. Serait-ce une nouvelle manière pur nos amis États-Uniens de coloniser l'Amérique Latine ? Souvenez-vous de Maria et Magdaleno ! Ceux qui nous ont accueillis en montagne, … Je suis persuadé qu'il faisait partie de son regroupement religieux parce qu'il pouvait y faire de la musique.

23- À Téla, on retrouve le magnifique jardin botanique de Lancetilla. Francesco semble connaître tout le monde, il nomme les guides par leur nom … Nous avons appris que ça faisait plus de 35 ans qu'il bourlinguait à travers le pays, … Guide touristique, main d'œuvre à bon marché, … Ce jardin occupe une vaste étendue, il laisse éclore des milliers d'espèces végétales de toutes les régions tropicales du monde : Arbres fruitiers, bois précieux, bambou, caféiers, … pour n'en nommer que quelques-unes. Il a été créé par la United Fruit Company en 1926 pour servir de station expérimentale voué au développement de nouvelles espèces de bananes. Il fut cédé au gouvernement en 1975.

24- Le périple à travers le Honduras s'est continué. Les routes sont assez dangereuses. Notre chauffeur/guide/ami semblait bien les connaître. Par contre, il roulait vite, quelques fois il oubliait les lignes doubles, … Moi, je me fermais les yeux. Il a même eu la candeur de nous dire : " Si je frappe, même juste un chien, je ne m'arrête pas ! " Très sécurisant …
25- Notre visite chez le charbonnier. Le charbon de bois est obtenu en carbonisant du bois de manière contrôlé en absence d'air.

Faire du charbon de bois

Le procédé permet de retirer du bois, son humidité et toute matière végétale volatile afin de ne laisser que le carbone, soit le charbon de bois.
26- Vieux métier et en plus celui de mes ancêtres en Normandie. Ce nom de famille, Charbonneau, nom de celui qui écrit ce texte, est un vieux mots français qui se prononçait charbonn i au, qui nommait cet amoncellement de bois qui allait devenir du charbon de bois.


27- San pedro Sula. Le plus grand monument de cette ville de quelques 500,000 habitants, est la cathédrale. Elle est de Style néogothique, mais son intérieur est plutôt baroque.

Devant le parvis s'étend le Parque Central, Morazán : c'est le point de rencontre principal de cette ville.

Les boutiques y sont très courues et colorées. San pedro Sula a été fondée à peu près en même temps que la ville de Québec.


28- L'usine de chaux. L'exploitation du calcaire pour en faire de la chaux. Le calcaire est cassé et ensuite chauffé dans un grand four à chaux alimenté au bois. La cuisson dure cinq jours à une température de 900° environ. Il est ensuite broyé et mis en poudre. La chaux a de nombreux usages et cela depuis la plus haute antiquité. Dans le domaine de l'agriculture, le chaulage est nécessaire pour: neutraliser l'acidité du sol, pour améliorer l'assimilation des engrais. La maçonnerie, le plâtre, la céramique, la pigmentation de peinture. Le chaulage des maisons assure une plus longue longévité. Sans oublier la salubrité des déchets : on se rappellera dans les toilettes sèches, la chaux dans les "bécosses". Et dans des situations moins drôles, dans les charniers, on pense aux épidémies de peste et plus récemment, lors des génocides nazi, rwandais ou autres : c'était la meilleure façon de bloquer les épidémies.

Manipulation de la chaux

La manipulation de la chaux demande des précautions. La substance est corrosive et un contact répété prolongé peut causer de graves problèmes aux yeux, à la peau et aux voies respiratoires. Donc, masque. Lunettes, gants, … Faudrait-il croire que le fait de commencer à y travailler jeune, les immunise contre les dangers évidents de cette exploitation.

L'église de Copan

Ruines Maya de Copan

 

27- Copan. Les ruines de Copan. Un retour en arrière en visitant le site archéologique, on peut admirer les stèles de la Grande Plaza, portraits des souverains de Copán datant de 613, le jeu de balle et l'escalier aux hiéroglyphes ainsi que l'acropole, ornée de superbes bas-reliefs représentant les seize rois de Copán. Sculptures et hiéroglyphes sans égales dans les Amériques. La construction d'un centre habité par les dirigeants a du apparaître dans cette région autour de 300 ans avant JC … elle a connu son apogée du 7e au 9e siècle. Ils voulaient dominer la vallée de Copan. Ils étaient très développée en architecture, en astronomie, en écriture. Tout était construit dans le but de véhiculer l'idéologie religieuse et d'assurer leur domination politique sur leur sujet. L'arrivée de Lapin 18, en 695 après JC, a changé toute l'histoire de l'architecture. Avant Lapin 18, tous les souverains faisaient presque table rase ; Ils démolissaient et rebâtissaient à leur goût (comme au ministère de l'éducation au Québec). Après ce fut différent, c'est la raison pour laquelle les ruines d'avant lapin sont à peu près inexistantes. On lui doit le terrain de balle et il a tout peaufiné. Ce terrain de balle symbolique était voué au sacrifices humains, la tête remplaçait la traditionnelle balle. Tous ces dirigeants étaient considérés comme des demi Dieux. La civilisation a été anéantie avec l'arrivée de conquistadores au 16e siècle.

28- En portant attention, on a l'impression d'entendre les mayas construire leur ville. C'est comme si nous y étions. En fait, les méthodes de construction n'ont guerre changé.

29- Le village de Copan. Ce joli village aux rues pavées bordées d'édifices blancs couverts de toits de tuiles rouges est situé à peine à 1 km des célèbres ruines mayas. Il est très bien organisé pour recevoir les touristes, complexe hôtelier simple, mais intéressant. C'est un village très sympathique.
30- Le lever du jour est toujours un moment magique.

Village de Copan


31- La campagne avoisinante. Francesco nous fait découvrir une vie simple en nous conduisant chez les paysans : des maisons sur terre battue, des toits de chôme, une cuisine sommaire, tortillas, fèves, poulet, un outillage à sa plus simple expression, des moyens de transport qui ne les conduisent jamais loin …

Chez les paysans

Leur visage souriant en dit long. Les enfants s'amusent avec des bouts de cordes, courent après les poules, ramassent les insectes, … Ce sont eux qui nous font visiter le village.

32- Ils font des poupées avec des épluchures de maïs. Ils les vendront au marché du village ou aux quelques touristes qui s'aventureront dans leur coin humble et éloigné. Quel contraste ce coin reculé avec le monde dans lequel nous vivons : le gîte, la nourriture, les rapports entre les gens sont au premier rang. À première vue on y voit un reflet de pauvreté, mais cette impression est vite remplacée par le sentiment que ces gens sont heureux : leur sourire dévoile une ouverture sur des principes de vie qui semblent bâtis à partir de ce qu'ils ont et non pas ce qui leur manquerait comme veut nous faire croire notre société de consommation. Dans ce coin de pays tous les chevaux n'ont pas encore été remplacés par les chevaux vapeur et les gens qui y habitent n'ont pas besoin de parcourir le monde ni de posséder le dernier gadget électronique pour arborer un large sourire. Une petite fille est heureuse que Nicole s'en soit intéressé, … C'est peut-être aussi un peu parce qu'elle a réussi à lui vendre une poupée …
35- Le Honduras a été longtemps accablé du titre peu flatteur du pays le plus pauvre de l'Amérique Centrale. À les regarder vivre, cette pauvreté n'a pas l'air à trop les miner si on en juge par leur sourire et leur gaieté de cœur. Leurs critères de richesse ne semblent les mêmes que les nôtres : gîte, nourriture, fraternité, amitié, famille, … Beaucoup plus près de la vraie vie, que nous !

33- à Copan plusieurs vont travailler dans l'industrie touristique, car le tourisme est important : il génère de nombreux emplois : guide, les hôtels, fabrication de babioles..

34- Notre passage au Honduras fut fort agréable. Un plus grand dépaysement dans la partie continentale que dans les îles de La Baie. L'espagnol aurait été un atout pour nous. La gentillesse et la patience des gens qui nous ont accueillis nous auront permis de garder de merveilleux souvenirs que nous avons voulu partager avec vous.

Voir le film " Évasion au Honduras "

 

Commentaires sur ce film

Une façon différente de voyager

Nicole et Louis


 

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